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Panorama IAA Martinique

S’appuyant sur une filière canne-sucre-rhum traditionnelle, l’agroalimentaire, second secteur industriel de la Martinique, représente 21 % du secteur industriel de l’île (SIRENE-INSEE).

Le secteur agroalimentaire est le secteur d’activité qui investit le plus (70 % des investissements industriels). L’investissement par salarié est 2 fois plus important que dans l’ensemble de l’industrie. Son développement constitue un enjeu économique important pour l’avenir de la Martinique.

En 2008, Le secteur agroalimentaire compte 586 établissements et emploie 2 339 salariés, pour un chiffre d’affaires net de 352,96 millions d’euros (INSEE,Clap). Ces entreprises sont essentiellement de petite taille (80 % ont moins de 6 salariés). Ces micros et petites entreprises restent un rouage essentiel pour le développement du secteur bien que fragile en raison des difficultés à innover.

L’activité industrielle se concentre principalement autour de l’industrie des boissons, l’industrie laitière et la transformation des fruits et légumes. Les entreprises bénéficient d’un bon niveau d’équipement cependant, le niveau technologique des petites entreprises du secteur, nécessite encore une modernisation de leur outil pour accroître le niveau de compétitivité.

La filière canne-sucre-rhum repose aujourd’hui d’une part, sur une seule sucrerie (l’Usine du Galion, symbole fort des premières activités industrielles de l’histoire économique de l’île et dont le maintien est lié au soutien des collectivités locales), et d’autre part, sur 7 distilleries produisant le « rhum agricole de Martinique », produit emblématique de l’île bénéficiant de l’AOC.

L’industrie des boissons (eaux de source, eaux minérales, boissons gazeuses, jus de fruits, spiritueux, etc.) est la principale activité agroalimentaire de l’île.

L’industrie du lait est très concentrée (4 unités industrielles). La transformation des produits laitiers se fait uniquement dans deux gammes : yaourts et desserts lactés d’une part ; glaces, crèmes glacées et sorbets d’autre part.

La transformation des fruits et légumes s’est développée autour de la transformation de quelques « fruits phares » (goyaves, ananas, bananes) pour la production de jus et de confitures.

Le secteur IAA cherche à s’élargir en diversifiant ses productions et notamment en développant des produits de la mer, des produits carnés, des condiments diversifiés et des plats cuisinés.

Dans un contexte d’insularité et d’ultra-périphéricité qui réduit les débouchés et augmente les coûts de production, le secteur agroalimentaire de la Martinique reste soumis à une très forte concurrence des importations. L’éloignement des centres d’approvisionnement amène des surcoûts importants au niveau des ingrédients, des emballages, mais aussi des équipements de production. L’étroitesse du marché local constitue un handicap dès lors qu’il s’agit d’acquérir des outils de production adaptés à la taille du marché. De nombreuses entreprises sont dotées d’équipements polyvalents ou sur-dimensionnés. Ainsi, le secteur doit renforcer sa compétitivité par l’innovation pour maintenir les parts de marchés déjà acquises. Aujourd’hui, sa force réside dans sa capacité à créer de nouvelles productions adaptées au marché local et à tenter de capter des niches de marché à l’export.

Le secteur agroalimentaire bénéficie de l’appui du Pôle Agroalimentaire Régional de la Martinique (PARM) créé à l’initiative du Conseil Régional pour assurer des missions de recherche, de développement, d’assistance et de conseil aux professionnels de l’ensemble du secteur agroalimentaire.
Le PARM a pour objectif de favoriser la transformation et le développement des productions locales (fruits, légumes, pêche et aquaculture, élevage), en créant des produits innovants à haute valeur ajoutée. Le PARM assiste les professionnels du secteur en mettant à disposition des ressources technologiques essentielles pour le renforcement de leur compétitivité.(site internet : www.parm.asso.fr).

Crée en octobre 2010, autour de seize entreprises "leader" très différentes, la grappe d’entreprise "Inov@gro.mq" récemment reconnue, réunit 23 entreprises. Le poids de ino@gro.mq est estimé à 20% du secteur agroalimentaire (ref données 2009). Elle se caractérise par des secteurs d’activités diversifiés , une typologie d’entreprises variées par les effectifs (2 à 76), l’ancienneté des activités et le caractère traditionnel ou émergent des productions variées. Son objectif est de renforcer une coopération inter entreprise destinée à accroître la compétitivité de leurs unités de production. Elle bénéficie du soutien du PARM, du Conseil Régional, du CEEI-CACEM (label Européen d’Entreprise et d’Innovation), de l’Association des Moyennes et Petites Industries, de la Chambre de Commerce et d’Industrie et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.