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Pollution des terres agricoles des Antilles par un insecticide : la chlordécone

La chlordécone est une molécule chimique utilisée de 1972 à 1993 (date de son interdiction définitive) pour lutter contre le charançon du bananier, insecte coléoptère minant la base des plants.
Cette substance très stable a contaminé durablement les sols des parcelles historiquement utilisées pour la culture de la banane, ce qui représente prés de 14 500 hectares en Martinique. Néanmoins ; si l’on considère les 25 000 ha de terre actuellement utilisée par l’agriculture et le niveau minimum de taux de chlordécone dans le sol occasionnant des problèmes pour les cultures sensibles à un transfert de la chlordécone du sol vers la plante, on évalue à 7 à 8 000 ha la surface concernée par cette pollution et devant être gérés.

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Molécule de chlordécone

La chlordécone se retrouve dans l’environnement, l’eau, les végétaux et les animaux. Cette pollution constitue, par son ampleur et sa persistance dans le temps, un enjeu sanitaire, environnemental, agricole, économique et social important pour les Antilles.

Il mobilise depuis 1999 les services de l’Etat et ses opérateurs, au niveau national et au sein de plans locaux lancés par les préfets.

Afin de garantir la sécurité du consommateur, des études sont menées par les instituts de recherche comme le CIRAD, l’INRS et des analyses et contrôle sont réalisés par le Service de l’Alimentation. Ce sont plus de 1600 analyses qui sont réalisées tous les ans sur les végétaux, les sols, les animaux (ovins, bovins, caprins) et les produits de la pêche : les denrées alimentaires végétales ou animales conformes pouvant être mises sur le marché doivent présenter des contaminations nulles ou inférieures à 20µg/kg de matière fraîche.
Des analyses d’eau sont également réalisées par l’ODE (Office de l’Eau de la Martinique) dans le cadre du suivi des pesticides dans les rivières et par l’ARS (Agence Régionale de Santé) dans l’eau de consommation.